Kalachakra Info

Octobre/Novembre 2026
 

Paroles de Maître, Lama  Zopa Rinpoché

Une réponse spirituelle à la guerre et à la violence

La FPMT a récemment partagé une lettre ouverte qu'avait écrit Lama Zopa Rinpoché au président américain George W. Bush en mai 2002, pour faire suite aux attentats du 11 septembre 2001 et à ses conséquences. Dans ce document reproduit ici, Rinpoché présente la perspective bouddhiste à propos de la guerre et de ses causes, ainsi que les méthodes radicales conduisant à réduire les conflits et développer la paix dans le monde. Une proposition adaptée à tous les peuples, quelles que soient leur religion ou leur histoire (traduction et adaptation par Franck).


“Cher Monsieur le Président,

Depuis que la guerre a été déclarée, certaines personnes s’y sont opposées et ont réclamé la paix. Mais si ce que veulent réellement ces personnes est la paix, alors il leur est d’abord nécessaire de proposer une manière claire et pratique de mettre fin aux attaques terroristes, qu’elles aient lieu aux États-Unis ou dans d’autres pays : on ne peut pas à la fois manifester pour la paix et laisser les États-Unis se laisser détruire par des terroristes. Cela ressemblerait à l’expression : “Jeter le bébé avec l’eau du bain”.

Beaucoup de personnes souffrent de l’ignorance de ce qu’il adviendra dans le futur. Le problème, c’est que leur vision est limitée, du fait d’un développement insuffisant de l’esprit. Elles n’ont pas la capacité de “voir au-delà”, de lire les pensées des terroristes. Si les services de renseignement avaient le pouvoir de voir au-delà, ils pourraient prédire les dangers futurs. Ils pourraient voir le potentiel de nuisance des terroristes et de toutes les personnes dangereuses. Ils pourraient voir les dommages que ces personnes pourraient causer aux États-Unis et dans le monde entier.

La guerre est ce que les gens ordinaires considèrent comme une solution possible aux problèmes. Mais la difficulté réside en ce que la guerre, même si elle est gagnée, est comme un médicament qui contient des effets secondaires. Elle peut temporairement apporter une aide à une situation difficile, mais il y aura par la suite des complications continuelles. Tout simplement parce que les personnes que vous défaites vont générer de la haine contre vous, et leurs générations futures se retourneront contre vous.

Au sein de la loi naturelle de cause à effet, appelée “karma” en sanscrit, faire souffrir autrui laisse une empreinte dans le continuum mental, et cette empreinte peut être assimilée à une graine. Quand cette dernière mûrit, la personne expérimente alors son résultat : une souffrance causée par autrui. Il est par conséquent inconcevable de se représenter la quantité de souffrance que les terroristes ont créé, à la fois pour les États-Unis, pour le reste du monde… mais aussi pour eux-mêmes, de par cette loi naturelle du karma.

Il est tout à fait compréhensible que la situation présente soit très difficile et que le peuple américain soit en colère, mais il y a des manières de trouver des solutions aux problèmes sans recourir à la guerre. Il est possible que ces terroristes soient vaincus par des moyens spirituels et non militaires. La guerre, ce sont tant de vies et de dépenses gâchées. Le moindre missile coûte si cher, parfois des millions de dollars. Quand on utilise le pouvoir spirituel pour solutionner un problème, il ne coûte rien et sauve des vies.

Le bouddhisme, et particulièrement le bouddhisme tibétain, propose de nombreuses méthodes pour amener la paix et le bonheur aux êtres sensibles. Des pratiques pourraient être faites durant plusieurs mois par an, afin qu’elles soient efficientes. Agir ainsi, ce n’est pas comme partir en guerre et rendre certaines personnes satisfaites et d’autres insatisfaites. Les pratiques spirituelles sont invisibles, elles n’irritent personne et par conséquent n’incitent personne à réagir par des représailles.”

Le billet de la directrice

"Les messages de Jésus-Christ sont en parfaite résonance avec la pratique bouddhiste"

"Chers amis,

Sa Sainteté le Dalaï-Lama a souvent exprimé son profond respect pour les enseignements des Évangiles ainsi que pour Jésus-Christ, en percevant ce dernier comme un être pleinement réalisé. Il le décrit comme un être animé d'une compassion extraordinaire, et dévoué “corps et âme” au bien-être de l'humanité. Il éprouve aussi une grande admiration pour les textes évangéliques, en particulier “le sermon sur la montagne” ou le commandement d'aimer ses ennemis. Il souligne que les différents messages de Jésus sur le pardon, l'humilité, la patience ou le non-jugement sont en parfaite résonance avec la pratique bouddhiste (cf. Lojong), et il remarque que l'injonction de tendre l'autre joue est une illustration concrète de la maîtrise de soi et du renoncement de la colère, des qualités essentielles dans le cheminement spirituel bouddhiste. 

Sa Sainteté ne cherche pas à fusionner le christianisme et le bouddhisme. Il reconnaît ouvertement des métaphysiques inconciliables comme la croyance en un Dieu créateur unique, la loi du karma ou la notion de vacuité. Mais il souligne que le christianisme et l'image d'un Dieu créateur sont des outils très puissants pour susciter l'amour et le don de soi chez des milliards de personnes.

Les rencontres interreligieuses, comme les “rencontres d'Assise” initiées sous Jean-Paul II et poursuivies depuis, illustrent cette convergence d’une responsabilité éthique globale face aux crises humanitaires et écologiques que le monde traverse. 

Le 18 octobre, le centre Kalachakra sera présent aux commémorations des “40 ans d’Assise”. En parallèle ce même jour, le centre parisien proposera une nouvelle rencontre sur le thème de “ La compassion en action ”. Quant à notre prochaine réunion interreligieuse qui a traditionnellement lieu deux fois par an et est ouverte à tou(te)s, elle aura lieu le 11 novembre (férié).


Bel automne à tous et à toutes !"


Élisabeth

Catastrophe au Népal : bilan de notre appel à dons

Une aide directe reçue par les familles touchées  

Pour faire suite aux très graves inondations qui ont touché le Népal fin août 2026, le centre Kalachakra s'est joint aux efforts de la FPMT pour aider les populations en souffrance. Notre campagne d'appel à don, qui a eu lieu du 9 au 30 septembre, a permis de réunir la somme de XXXXXX, intégralement reversée au fonds dédié de la FPMT. Découvrez un communiqué de la Fondation concernant l'utilisation de ces dons ( photo : (c) UN Women / Srijana Bhatta - Licence CC BY-NC-ND 4.0).


“Face aux inondations catastrophiques qui ont récemment frappé le Népal et le Tibet, la FPMT a lancé le Fonds d’aide d’urgence de la FPMT afin d’apporter un soutien immédiat aux communautés touchées. Ce fonds vient en aide aux personnes et aux familles victimes de catastrophes naturelles, aux centres et projets de la FPMT confrontés à des situations d’urgence, ainsi qu’à d’autres crises urgentes nécessitant une aide rapide.

Nous utilisons actuellement ce fonds pour collecter des dons destinés aux personnes touchées par les inondations survenues le 26 août le long de la rivière Bhote Koshi, à la frontière entre le Népal et le Tibet. Les eaux ont emporté des villages entiers, des habitations, des routes, des ponts et des infrastructures essentielles dans le district de Rasuwa et les districts voisins. L’ampleur de cette catastrophe continue de se révéler, de nombreuses personnes étant toujours portées disparues et des communautés entières ayant été déplacées.

La FPMT travaille en étroite collaboration avec le monastère de Kopan afin d’identifier les personnes les plus démunies et de veiller à ce que l’aide parvienne directement aux familles touchées.

Nous vous tiendrons informés au fur et à mesure de la distribution de l'aide. Merci de prier pour toutes les personnes touchées. Si vous souhaitez faire connaître ce nouveau fonds à votre entourage, n'hésitez pas à partager ce lien :”

https://fpmt.org/projects/fpmt/social-services-fund/fpmt-emergency-relief-fund/

Vén. Öser part en pèlerinage


À la rencontre de monastères, temples et centre bouddhistes représentant toutes les traditions"

Nous vous relayons le communiqué de Vén. Öser. Excellent pèlerinage à toi ! 

  

“En octobre prochain, Vén. Öser (Nadu) débutera un pèlerinage sous la forme d'un Tour de France de plus d'une année, qui l'amènera à aller à la rencontre d'une vingtaine de monastères, temples et centres bouddhistes représentant toutes les traditions. L'objectif est de faire réfléchir à l'acceptation de l'autre, peu importe d'où il vient. Ce pèlerinage est né de cette phrase de Sa Sainteté : “Même si nous sommes des rivières différentes, nous allons tous vers le même océan.”

Big Love - Morceaux choisis  #55


La première retraite de Vajrasattva au Chenrezig Institute

Chaque mois, nous vous proposons un extrait en français de "Big Love", la fameuse biographie de Lama Yéshé (Traduction par Michelle).

L'extrait suivant présente que lorsqu'une situation semble défavorable et désespérée, des conditions soudainement très propices peuvent mystérieusement se manifester ! 

  

"Une retraite de 3 mois de Vajrasattva devait commencer mais la gompa de Tchenrézi étant occupée par un groupe qui faisait une retraite de Tara, il n’y avait aucun autre lieu pour l’accueillir. Quelques jours avant la date favorable choisie par Lama Yéshé pour démarrer, il n’y avait toujours pas de lieu approprié possible. Les étudiants avaient passé au peigne fin tous les environs, en espérant quelque chose à louer mais ils ne trouvèrent rien. Lama convoqua alors chez lui Garrey Foulques (photo) et un autre gars. Pourraient-ils bâtir quelque chose à temps ?

« Je lui répondis que c’était impossible, se souvient Garrey. La retraite devait commencer quelques jours plus tard et nous n’avions aucun matériau. Vous ne pouviez commander le « matos », le faire couper à la bonne taille et livrer dans cet intervalle, même en ayant les fonds pour couvrir les frais, ce qui n’était pas le cas. Par ailleurs, les routes étaient tellement boueuses qu’elles étaient quasi-impraticables ! Lama écarta tous ces arguments. Tout ce que je sais, c’est qu’en remettant mes chaussures, je me demandais par quel biais il avait réussi à me convaincre.

Quelques heures plus tard, je vis dans le journal local une annonce : un élevage de volailles, à une vingtaine de kms de là, était en cours de démolition et il y avait quantité de bons matériaux de construction à vendre. On s’y rendit, Georges et moi, à bord d’une vieille Ford tout-terrain et on en ramena deux chargements de matériel avec force glissades dans la boue, pour finir tractés par « l’Éléphant gris », la Land Rover du Tchènrézig Institute. En 3 heures, on avait virtuellement tout ce dont on avait besoin sur le site. J’étais de plus en plus épaté par la façon dont tout s’était résolu. Il n’y avait pas d’électricité pour les outils à moteur mais pratiquement toutes les poutres que nous prenions en main étaient de la bonne taille, et tout fut fait en quatrième vitesse. C’était juste des murs, un toit et un sol en terre battue.

Nous étions environ à mi-parcours et j’étais en train d’enfoncer des clous dans ce bois d’occasion dur comme de la pierre. A un moment donné, alors que j’avais le marteau au-dessus de l’épaule, prêt à enfoncer un clou que je maintenais en place, le pied de biche percutant un bout de bois me déséquilibra. Le marteau s’abattait à pleine puissance pile sur mon ongle : « ça ne va pas tarder à faire très mal » pensais-je… mais rien n’arriva. Pourtant, je savais ce qui s’était passé, je ne l’avais pas inventé. Je savais aussi que pareille blessure signifiait la perte de l’ongle, qui aurait noirci et fini par tomber. Mais rien de tout cela n’arriva, ni cette seconde, ni cette nuit, ni le jour suivant ! Le travail ne fut retardé en rien et le bâtiment fut terminé juste à temps.

On fit le tour du bâtiment sur la pointe des pieds à la nuit tombante, tandis que la poudja d’ouverture se déroulait à l’intérieur. Je me rappelai alors que Lama nous avait initialement dit que la seule raison pour qu’on ne puisse pas construire ce bâtiment à temps, tenait au fait que nous pensions qu’il ne pouvait pas l’être. »

Maintenant qu’il y avait une maison pour enseignant correcte à Tchénrézig Institute, Lama invita Guéshé Thoubtèn Lodèn et Zasep Toulkou (photo), tous deux moines à Séra, à venir passer trois ans au centre en tant qu’enseignant et traducteur. […]"

   Novembre au centre Kalachakra


Retrouvez ci-dessous le tableau des activités du mois de novembre,
puis les suggestions d'Arnaud concernant les évènements marquants.    

 

En novembre au centre Kalachakra, le principal évènement est la venue de Jhado Rinpoché qui confèrera une initiation Jenang de Kalachakra samedi 7 novembre au matin, et expliquera aux personnes déjà initiées comment pratiquer ce tantra le reste du week-end. Il est indispensable d'être inscrit pour venir.

La veille vendredi 6 novembre après-midi, en introduction au week-end Andy Wistreich donnera des explications sur ce tantra, et le lundi 9 novembre Vén. Péma guidera une journée de pratique du gourou yoga de Kalachakra.

En complément :

  • le week-end des 31 octobre et 1er novembre, vous avez le choix entre aller pratiquer un Nyoung Né avec Vén. Gyaltsen à Saint Cosme ou venir pratiquer au centre parisien le dimanche en fin d'après midi pour célébrer la “descente de Toushita”.

  • Le 11 novembre, nous nous retrouvons avec d'autres traditions pour une rencontre interreligieuse. Cette fois-ci, nous échangerons et méditerons autour de la générosité.

  • Le 19 novembre, c'est le rendez-vous “Éthique et méditation” du mois, une occasion de méditation, de partage et de rencontre entre jeunes, autour de la mise en œuvre du bouddhisme au quotidien.

  • Le week-end des 28 et 29 novembre, Vén. Gyaltsen guide une retraite à Saint Cosme pour essayer de voir les choses telles qu'elles sont, en contemplant la manière dont les conceptions erronées et les attentes irréalistes créent de la souffrance pour nous et ceux qui nous entourent, et comment il est possible de les corriger.

 Rencontre avec Hélène


"J'ai commencé avec DB et je termine le PEBA, j'ai pu apprécier la qualité de l'enseignement au centre" 
Hélène est une étudiante du PEBA et elle aide à l'organisation technique de la visite de maitres ou d'enseignants extérieurs. Propos recueillis par Arnaud.


Comment t'es-tu retrouvée impliquée au centre ?


J'ai approché le bouddhisme pour la première fois aux Antilles quand j'avais une dizaine d'années. Je suis tombée sur un livre sur le bouddhisme qui m'a interpellé et intéressé. Je m'en souviens encore. Plus tard, quand j'habitais à Lyon, une amie m'a parlé du bouddhisme japonais. J'ai cherché un centre en arrivant à Paris. J'ai trouvé un premier centre mais il proposait essentiellement des pratiques en tibétain, sans explication ou traduction. Cela ne me convenait pas car j'aime comprendre ce que je fais. J'ai cherché un autre centre et je suis arrivée au centre Kalachakra par les journées portes ouvertes. J'étais en particulier intéressée par les programmes d'études. J'avais besoin de comprendre en quoi le bouddhisme consiste et je voulais évoluer en tant que personne. Je me suis dit que c'était ce qu'il me fallait.


C'était quand à peu près ?


J'ai commencé au début d'un cycle de DB [découverte du bouddhisme] et je suis en train de finir le PEBA [Programme d'Études Bouddhiques Approfondi]. Cela fait donc environ sept ans au cours desquels j’ai pu apprécier la qualité de l’enseignement délivré par le centre.


Ce n'était pas une trop grosse marche de passer de DB au PEBA ?


[Rires] La marche est intéressante. Certains domaines comme le lorig ou la psychologie bouddhiste sont vraiment ardus. Depuis deux ans je suis retraitée, du coup j'ai plus de temps pour étudier et c'est plus facile. Avant, j'avais un poste prenant et il y a eu des moments vraiment pas évidents pour me consacrer aux études.


Du coup avec la retraite, je m'en suis mis beaucoup sur les bras. Comme on finit le PEBA, je me suis inscrite au “Nalanda Diploma Course”, en ligne avec Guéshé Damdul. Je participe également à des sessions d'entrainement au débat avec Christophe [qui traduit le PEBA]. Cela complète de manière intéressante les enseignements que j'ai reçus au centre.


Tu suis aussi des retraites ?


Oui, surtout les retraites liées au PEBA et au tantra de Kalachakra. 


Et tu aides le centre ?


Comme j'ai un passé d'informaticienne, j’ai pu aider à installer le matériel en début de session pour la diffusion en ligne des enseignements du PEBA. De fil en aiguille, je me suis aussi retrouvée à aider à l'installation pour la partie audio lors de la venue de certains maitres. Je vais d’ailleurs aider l'ingénieur du son pour la venue prochaine de Jhado Rinpoché. On va voir comment je gère le stress. Sur ce type d'évènements, il y a toujours des surprises [rires].


Comment tu vois la suite ?


J'aimerais continuer à étudier au centre. J'ai prévu de m'inscrire à “Intégrer le bouddhisme” [un nouveau programme avancé à partir de janvier 2027 pour les étudiants ayant une très bonne connaissance du lamrim et une bonne compréhension de la vacuité, ayant suivi le PEBA ou un programme équivalent].


J'aimerais aussi continuer à participer à l'équipe chargée du son et des images lorsque nous recevons de grands maitres ou des enseignants extérieurs. Nous sommes en train de réfléchir à la manière de simplifier la configuration technique pour l'avenir, et d’éviter de dépendre de la disponibilité d'une ou deux personnes.


Un mot de la fin ?


Je voudrais remercier le centre et en particulier Guéshé Dakpa pour la qualité de ses enseignements ainsi que Virginie et Franck pour l'ambiance chaleureuse qu'ils créent pour le PEBA.

Séquence rétro : dans les archives du centre Kalachakra


Chaque mois, nous ressortons du grenier une ou plusieurs photos qui nous rappellent de beaux moments.

Le samedi 3 octobre 2026, nous recevions au centre parisien les moines du monastère de Sera Je. Une rencontre exceptionnelle, avec au programme une présentation de la fabrication de tormas, une conférence sur la vie monastique et, pour ceux qui ont eu cette chance, la bénédiction de leur logement !

La lettre de la fpmt